Qui pouvait croire qu’un jour, nos ancêtres allaient sceller une alliance qui bouleverserait l’histoire humaine ?
Des origines lointaines (vers 4000 av. J.-C.)
Les chercheurs estiment que les toutes premières tentatives de domestication du cheval ont eu lieu dans les steppes d’Asie centrale, entre le Dniepr et l’Oural. Ces grands herbivores fascinaient déjà : leur allure puissante, leurs yeux vifs, leur liberté … Qui a brisé la limite invisible entre l'Homme et l'animal ? Des têtes brulées, certainement. La domestication marque le début d’une relation faite d'échanges, d’émerveillement… Et il faut bien le dire, de douleurs partagées.
La révolution des transports et des labours (3000–1000 av. J.-C.)
À mesure que l’Homme apprivoisait l’animal apparut l’idée de l’attelage et du labour équin. Les champs furent labourés plus efficacement, augmentant rendements et prospérité. Sans le cheval et ses compagnons de labour, aurions nous connu une sédentarisation si efficace ? Peut-être pas.
Le destrier guerrier (du second millénaire av. J.-C. au XXème siècle)
Le cheval n'a pas été qu'un allié agricole et de transport. Il fut aussi une arme. Imaginez vous au XIème siècle : un cheval bardé d'une armure éclatante, son cavalier juché sur son dos, prêt à charger… La vitesse de ces cavaleries du monde entier permirent de faire basculer bien des conflits … Véritable force motrice, le noble animal n'en fut pas moins grandement sacrifié. La Grande Guerre de 1914-1918 coûta la vie à plus d'un million d'équidés …
Des champs de bataille aux hippodromes (du XIXème siècle à aujourd'hui)
Avec l’industrialisation, le cheval a perdu peu à peu son rôle de “bulldozer biologique”. Moteurs et machines lui grillèrent la politesse et il devint un « complice de loisir ». Courses hippiques et balades bucoliques lui permirent de gagner un nouveau statut : celui de partenaire émotionnel. Ainsi est notamment née “l'hippothérapie” (du grec hippos, le cheval). De nombreuses études démontrent depuis lors que les équidés peuvent apporter bien plus qu’une aide motrice ou guerrière ; ils sont capables de soigner l’âme.
Le cheval aujourd’hui : un pont entre passé et avenir
À l’ère du tout numérique, le cheval reste un antidote à l’urgence : il nous permet de garder le lien avec le vivant. Les ASBL comme la nôtre en font le cœur de leurs actions : refuge, thérapies, découvertes pédagogiques … Les races lourdes n'en sont pas moins en danger, réduites à devenir des races à viande. Leur disparition, si rien n'est fait, risque bien de devenir inévitable ...
Et demain ?
Est-on capable d'imaginer un monde sans chevaux ? La tendance le démontre. Il faut donc agir. Cela passe par l'évolution de notre relation avec les équidés. Ils doivent rester les gardiens d'un rythme ralenti et apaisé, nous obligeant à reconsidérer les bienfaits de la lenteur, et à cultiver cette complicité née il y a quelque six mille ans.
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